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À partir d’avant-hierGénéralistes

Beam Universe Splitter - Le hasard quantique fait maison

Par : Korben ✨
28 juin 2026 à 05:36

David Noel Ng, un chercheur installé à Munich, en avait marre du pile ou face et des tirages de dés truqués par les ordinateurs, alors il a construit une machine qui pose directement la question à l'univers. Son engin, le Beam Universe Splitter, fabrique alors du hasard pur en laissant une particule de lumière choisir à votre place. Et la réponse n'est pas 42 ! ^^

Le principe c'est qu'un photon, un simple grain de lumière, fonce vers un miroir semi-réfléchissant. Au moment où il y parvient, il a alors 2 possibilités : Soit il le traverse, soit il rebondit. Et dans l'état actuel de la science, absolument rien au monde ne permet d'anticiper ce qu'il fera. Un détecteur attend bien sûr de chaque côté... Si c'est le premier qui capte le photon, ça donnera un 0 et si c'est le second, ça donnera un 1. C'est la nature qui tranche, sans algorithme.

Pour rendre tout ça palpable, David a surtout branché sa machine sur une sorte de boule magique en ligne (les fameuses 8-ball). Vous tapez votre question existentielle du moment, l'appareil fait défiler ses bits quantiques en direct depuis sa cave bavaroise, et il vous sort LA réponse (non, c'est toujours pas 42).

Et comme l'expliquent certains experts de la physique quantique, chaque possibilité qui s'offre à vous, arrive forcément quelque part dans un univers parallèle, vous ne faites finalement que tomber sur le votre. Oui, je sais c'est barré.

L'Univers m'a dit que Patreon , c'était mal barré...

Pour repérer ses photons, il a fait de la récup et a chopé deux photomultiplicateurs Hamamatsu sur du vieux matériel de labo d'analyse de protéines parti à la benne. Ensuite, c'est piloté via une carte FPGA Red Pitaya qui a pour rôle de trier les signaux des millions de fois à la seconde. En ignorant au passage les affreux rayons cosmiques qui viendraient parasiter la mesure.

J'adore ces histoires de physique quantique. Puis ça bouge dans tous les sens en ce moment, entre l'informatique quantique qui passe en open source et les physiciens du CERN qui fabriquent un qubit avec de l'antimatière . Mais là, avec sa 8-ball directement branchée à l'univers, il n'a pas eu besoin d'un labo à plusieurs millions mais juste d'une LED, d'un miroir et de pas mal de débrouille.

Après pourquoi se donner tout ce mal alors que votre PC sait déjà cracher du hasard ?

Hé bien parce que JUSTEMENT, le hasard de nos ordis c'est l'arnaque. C'est basé sur un algo qui imite très bien le chaos, mais qui reste prévisible si on connaît son point de départ. Tout le défi, comme le raconte David sur son blog , ça a été de prouver que ces bits sont du vrai hasard quantique et pas juste les ratés de son détecteur qui jouent les imposteurs. Mais bonne nouvelle, sa machine a passé tous les tests statistiques de référence du NIST sur 1 milliard de bits. Donc je pense qu'il est bon, y'a pas de schéma prédictible caché dans sa machine.

Après si vous voulez vous en faire une pour prendre toutes les décisions importantes de votre vie, sachez quand même que c'est lent de fou. On est à 2300 bits par seconde et comme ça tourne dans le labo de David, ça peut parfois se retrouver hors ligne.

Mais peu importe, c'est génial comme idée je trouve ! Bravo à lui !

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DNS4EU refuse de bloquer les sites pirates de la BREIN

Par : Korben ✨
27 juin 2026 à 15:19

DNS4EU dont je vous ai causé y'a pas longtemps, c'est le service de DNS co-financé par l'UE et opéré par une société tchèque nommée Whalebone. Et bizarrement, depuis des mois, cette société récupère auprès de l'organisation anti-piratage néerlandaise (la BREIN) des listes de sites pirates.

Du coup, les utilisateurs commencent à se poser des questions... Pourquoi faire ?

Et bien d'après les dernières nouvelles, ils ne s'en servent pas.

La BREIN envoie automatiquement sa liste contenant +300 sites bloqués vers DNS4EU comme ils le font déjà avec les FAI, et je pense qu'ils voyaient ça comme une bonne astuce pour bloquer un maximum de sites illégaux.

Mais pas de bol, Whalebone a fini par expliquer que comme la BREIN n'était pas une vraie autorité de régulation, bah y'avait aucune raison qu'ils utilisent leur liste pour faire du DNS filtrant. Hé ouiiii.

Vous allez voir la nuance... En fait dans le cadre de l'appel d'offre de la Commission européenne en 2022, il était demandé à ce que le prestataire filtre le contenu illégal "sur base légale", donc sur ordonnance d'un tribunal. Par exemple, ça a déjà été le cas avec la France, qui a ordonné par décision de justice de bloquer certains sites sur DNS4EU .

Mais cette liste de la BREIN s'appuie uniquement sur des décisions de justice obtenues CONTRE les FAI néerlandais et pas contre DNS4EU. Ah ils sont trop malins !

Après côté usage, ça reste un DNS classique avec cinq profils au choix, un qui bloque juste le malware et le phishing, un qui ajoute le blocage des pubs, un avec protection des enfants, la combinaison des deux, et un "unfiltered" sans le moindre filtre (86.54.11.100 si ça vous tente). Le filtrage, c'est vous qui choisissez, les blocages imposés par la justice mis à part.

Et sur les 63 millions de blocages décidés par DNS4EU lui-même, l'écrasante majorité c'est du phishing et des arnaques, pas du téléchargement. On est donc trèèèès loin de ces cinglés de flics du copyright. Pour l'instant en tout cas...

Je dis "pour l'instant" parce qu'actuellement, on est dans un contexte où la justice européenne serre la vis partout, avec par exemple la France qui ordonne aux VPN de filtrer ou encore l' Italie avec son Piracy Shield qui veut faire plier Cloudflare. Mais bon, pour le moment, ce DNS souverain a su dire qui dit "nee" (c'est comme ça qu'on dit "non" en néerlandais) à ces fifous d'ayants droit et pour ça, je les remercie.

Après, un DNS qui propose en option de bloquer ou non les pubs, ça ne me gêne pas une seconde. Mais si un jour c'est pour faire du DNS menteur histoire de faire plaisir aux ayants droit, là ce sera boycott direct pour moi. Bref, je surveille ça de près et je ne manquerai pas de vous tenir au courant.

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Communautés tech toxiques, faudrait en parler à un moment

Par : Korben ✨
26 juin 2026 à 14:16

Y'a un truc dont on parle pas assez dans le milieu tech je trouve, et pourtant tout le monde le constate : Une grande partie des communautés autour du logiciel libre, de Linux, du dev...etc sont devenues des endroits franchement hostiles. Des clubs fermés, peuplés quasi exclusivement de mecs, qui passent leur temps à expliquer aux autres qu'ils sont de gros nuls, qu'ils posent des questions de noobs, ou encore qu'ils ne tapent pas sur leur clavier comme il faut et j'en passe... Oui je parle bien entre autres du fameux barbu Linux qui vous toise parce que vous utilisez Ubuntu et pas Arch que vous avez compilé à la main.

Et le pire, c'est que tout ça est documenté et chiffré, et même reconnu par les pontes du milieu eux-mêmes ! Vous allez voir...

Prenez Linus Torvalds par exemple. C'est le créateur de Linux et pendant des années, il a insulté publiquement des développeurs sur la mailing list du kernel, leur balançant que leur code était une honte et compagnie. En septembre 2018, il a toutefois fini par mettre les choses à plat dans un mail d'excuses où il écrit noir sur blanc que ses attaques étaient "non professionnelles et injustifiées", et qu'il voulait s'excuser auprès des gens que son comportement avait blessés et je cite, "possiblement complètement chassés du développement du kernel". Il a même pris une pause pour aller se faire aider à comprendre ses émotions. Si même le mec au sommet de la pyramide reconnaît qu'il a fait fuir des contributeurs à coups de mépris, vous imaginez un peu l'ambiance qui grouille en dessous...

D'ailleurs, trois ans plus tôt, en 2015, une développeuse majeure du kernel avait déjà claqué la porte. Sarah Sharp, celle qui maintenait le pilote USB 3.0, était pourtant loin d'être une débutante. Dans son billet Closing a door , elle explique notamment qu'elle n'arrive plus à contribuer à une communauté où elle était respectée pour ses compétences mais jamais respectée en tant que personne.

Violence verbale, blagues sexistes et homophobes, voilà tout ce qu'elle subissait. Et en 2015, malheureusement, elle criait vraiment dans le désert. Personne ne l'a écouté et il aura fallu attendre 2018 et les excuses de M. Torvalds pour capter qu'il y avait un sérieux problème.

Je vous ai dit aussi que j'avais des chiffres, alors les voilà... En 2017, une étude publiée dans PeerJ a analysé plus de 3 millions de pull requests sur GitHub et le résultat bien que fascinant m'a déprimé. Le code proposé par des femmes est accepté à un taux plus élevé que celui des hommes, environ 79% contre 75%. SAUF quand leur genre est identifiable. Cela veut dire que quand on sait que c'est une femme, on accepte moins son code, alors même qu'en moyenne il est meilleur. Affreux non ?

La même année, l'enquête Open Source Survey de GitHub plantait également le décor en annonçant qu'il y avait environ 95% d'hommes, 3% de femmes et 1% non binaire parmi les contributeurs (le 1% restant c'est l'arrondi, btw). Et tristement, les femmes rapportaient bien plus souvent du langage qui les mettait mal à l'aise, et des remarques stéréotypées ("Pas mal pour une femme !", "T'es blonde ou quoi ?", ce genre de saloperies sexistes).

Voilà où en est la belle méritocratie du logiciel libre !

Et du côté de l'entraide soi-disant légendaire, c'est pas plus glorieux. Stack Overflow, le site où des millions de devs vont chercher de l'aide tous les jours, a carrément publié en 2018 un mea culpa officiel . Leur responsable "culture" y écrit que trop de gens vivent Stack Overflow comme un endroit hostile ou élitiste, en particulier les codeurs débutants, les femmes et les personnes de couleur.

Le vrai problème, selon lui, ce n'est pas la communauté, c'est qu'on a appris aux utilisateurs à dire aux autres ce qu'ils font de travers sans jamais leur apprendre à le faire correctement. C'est ce bon vieux RTFM de connard balancé à la gueule des débutants qui après n'osent plus poser de question.

Et tout ça, ça coûte cher, figurez-vous. Oui, oui, la Tech Leavers Study du Kapor Center , en 2017, a chiffré à 16 milliards de dollars par an le coût du turnover provoqué par une culture de travail injuste dans la tech. Les femmes, les minorités, les gens qui ne rentrent pas dans le moule, bah ils se barrent. Une autre enquête, Elephant in the Valley , montrait même que 60% des femmes de la Silicon Valley qui avaient +10 ans d'expérience avaient subi des avances sexuelles non désirées.

Bon, maintenant je vais quand même vous parler de moi, parce que tout ça, je le constate aussi depuis vingt ans.

Pour ma part, si je me suis retiré des réseaux sociaux, et je parle même des réseaux plus barbus, les Mastodon et compagnie censés être plus sains, c'est à cause de ça. Cette hostilité permanente, ce besoin maladif de certains de vous expliquer pourquoi vous avez tort, pourquoi votre choix technique est nul, pourquoi vous n'êtes pas un "vrai". Et si j'ai fermé mes commentaires il y a des années, c'est exactement pour la même raison. Pas parce que je ne voulais plus discuter avec vous, mais parce que je ne voulais plus servir de défouloir à une poignée de types qui confondent intelligence et agressivité.

Sachez que sur cette planète, 100% des problèmes que j'ai eus (et que j'ai encore) dans ma vie perso comme dans ma vie pro, ont été causés par des hommes. Pas 90%. 100% ! Et à chaque fois que quelqu'un m'a défendu, m'a tendu la main, m'a aidé quand j'étais au sol, c'était dans 80% des cas des femmes. Alors je le dis tout simplement, merci à elles, vraiment, du fond du cœur.

Donc voilà, messieurs les toxiques de la tech, sachez-le, je vous évite du mieux que je peux, parce que vous n'êtes pas les personnes ouvertes et sympathiques que vous pensez être. J'ai toujours refusé de rentrer dans vos cases et je pense que pour votre bien et celui du Monde en général, ce serait chouette à un moment d'arrêter de vous comporter en boy's club de connards, et surtout arrêter de croire que la tech vous appartient et que tous ceux qui ne pensent pas comme vous méritent de se faire détruire en place publique.

Et aux femmes, aux noobs, aux curieux, et à tous ceux qui ne sont pas ces clones qui se marrent à chaque blague sexiste, sachez que la tech, elle est à tout le monde.

Elle l'a toujours été d'ailleurs.

Franchement, je vous le dis, moi je trouve ça triste parce que ce milieu, moi je l'aime, j'y suis depuis le tout début, probablement bien avant eux et le voir se transformer en cour de récré pour mecs aigris incapables de gérer leurs émotions, et voir surtout que ça empire d'année en année, bah ça me fout le cafard.

Ah et si mon article vous a donné la rage et que vous voulez me casser la gueule, c'est probablement parce que vous vous êtes bien bien reconnu en 4K UHD Dolby Atmos avec les sous-titres et que vous venez de comprendre que vous n'êtes pas ce gars altruiste que vous pensez être... Déso / pas déso 😘 hein.

ANES - Il greffe une seconde puce graphique dans sa NES

Par : Korben ✨
26 juin 2026 à 09:15

Decrazyo vient de sortir ANES , un mod hardware qui transforme votre vieille NES en lui collant un deuxième PPU, la puce graphique de la console.

Résultat, plus de couleurs à l'écran, plus de sprites, et même du parallax scrolling, ces décors qui défilent sur plusieurs plans comme sur les bornes d'arcade. Que des trucs que la petite Nintendo de 1985 n'a jamais su faire, la miskine.

Le hic, c'est qu'il vous faut deux NES pour ça. Une qu'on garde, et une qu'on démonte pour lui piquer son PPU (le fameux RP2C02) pour ensuite le greffer sur la première via une carte maison bardée de logique. Ensuite (et attention, ça devient technique), un démultiplexeur 74LS139 aiguille le processeur vers l'un ou l'autre PPU selon l'adresse mémoire, un latch 74LS373 verrouille les signaux, et 8 Ko de RAM statique dédiée alimentent le second PPU.

En gros, le CPU jongle entre deux cartes graphiques au lieu d'une. C'est tout ce que vous devez savoir.

Pour comprendre pourquoi c'est énorme comme news, faut bien se rappeler les limites de la bestiole. La NES affiche 25 couleurs à l'écran maximum, piochées dans une palette de 64. Et elle ne dessine que 8 sprites par ligne horizontale, d'où le clignotement légendaire des persos quand ça se bouscule (les vétérans de Mega Man voient de quoi je parle). Alors qu'avec deux PPU qui bossent en parallèle, vous doublez le budget graphique d'un coup.

Decrazyo est le premier à reconnaître que personne ne va se lancer là-dedans parce que c'est bien relou à faire. Faut déjà sacrifier deux consoles, sortir le fer à souder, dessouder des puces et se taper du wire-wrap sur une carte prototype. On est dans de la bidouille de l'extrême, celle qu'on fait pour la beauté du geste .

Sauf que, bonne nouvelle les amis, vous allez pouvoir goûter au résultat sans flinguer la moindre console puisque decrazyo a forké l'émulateur Mesen2 pour simuler le double PPU. C'est dispo en build "Dual PPU Mesen 2.1.1" sur Windows, Linux et macOS, Intel comme Apple Silicon. Vous chargez la démo, et vous voyez de vos yeux ce que donnerait une NES dopée.

Ça me rappelle vraiment pourquoi j'adore toujours la scène homebrew NES , 40 ans après. Ces gens sans amis, ni famille (je plaisante, humour, humour, pas taper !) qui continuent de tordre ce hardware dans tous les sens juste pour voir jusqu'où il peut aller, c'est fou ! Les schémas KiCad et le code sont sur le GitHub de Decrazyo , sous licence GPL, si vous voulez fouiller.

Une IA a lu un rouleau carbonisé par le Vésuve il y a près de 2 000 ans

26 juin 2026 à 08:38

Pour la première fois, on connaît le titre exact d'un livre antique sans avoir ouvert le livre. Les chercheurs de la Vesuvius Challenge ont lu, écrit en plein milieu d'un papyrus carbonisé, la mention "Sur les vices, livre 1", un traité de philosophie grecque signé Philodème, un penseur épicurien actif au Ier siècle avant notre ère, dont le rouleau était resté soudé sur lui-même depuis l'éruption du Vésuve en l'an 79.

Ce rouleau, baptisé PHerc. 1667, vient d'être déchiffré d'un bout à l'autre. C'est le premier lu en entier.

Pour comprendre l'exploit, il faut imaginer l'état de ces documents : retrouvés en 1752 dans une luxueuse villa d'Herculanum, probablement celle du beau-père de Jules César, les quelque 1 800 rouleaux ont été changés en bâtons de charbon par la chaleur de l'éruption, au point que les dérouler à la main revient encore aujourd'hui à les réduire en miettes.

D'où l'idée, mise au point en vingt ans par Brent Seales, informaticien à l'université du Kentucky, de ne jamais y toucher. On glisse le rouleau dans un accélérateur de particules qui en réalise un scanner à rayons X d'une finesse extrême, on reconstitue en 3D chacune des couches enroulées à l'intérieur, puis on les déplie virtuellement à l'écran comme on aplatirait une viennoiserie feuilletée sans la déchirer.

Restait le pire. L'encre de l'époque est faite de carbone, exactement comme le papyrus brûlé qui la porte, donc elle est quasiment invisible sur les scans, et c'est là qu'intervient une IA entraînée à repérer les infimes différences de texture laissées par les lettres pour redessiner peu à peu un texte que l'œil humain ne voit pas.

Le résultat est franchement fort, avec 70 nouvelles colonnes de texte exhumées et, sur un autre rouleau, la mention "Philodème, Sur les dieux, livre 8" qui révèle aux historiens que cet ouvrage comptait plusieurs tomes, ce que personne ne soupçonnait jusqu'ici.

Et pour les spécialistes de l'Antiquité, ça compte vraiment, parce que la bibliothèque carbonisée d'Herculanum est la seule de tout le monde gréco-romain à nous être parvenue à peu près complète, et non en fragments recopiés au Moyen Âge par des moines.

Honnêtement, lire 2 000 caractères tracés par un Romain juste avant que tout brûle, ça vaut largement tous les chatbots qui écrivent des e-mails à votre place.

Source : The Register , Scrollprize

EmuDevz - Le jeu où vous codez votre émulateur NES

Par : Korben ✨
26 juin 2026 à 07:39

Afska, le développeur derrière une flopée d'outils pour Game Boy Advance, a eu avec son studio [r]labs une idée géniale ! Ça s'appelle EmuDevz, et c'est un jeu vidéo dans lequel vous devez coder votre propre émulateur NES. Et pas en cliquant sur des boutons comme un loser, hein mais en pissant du vrai code pour le processeur, la puce graphique et la puce audio de la console de Nintendo.

L'émulation, normalement, c'est un truc réputé aride où vous passez des semaines le nez dans la nesdev wiki à piger comment le 6502 gère ses cycles d'horloge. Et pourtant, là, tout devient clair et facile puisque vous avez un éditeur de code intégré façon shell Unix, et vous implémentez le CPU, le PPU et l'APU dans l'ordre que vous voulez. Puis au fil de votre progression, vous débloquez des ROMs et des homebrews à faire tourner dans l'émulateur que vous venez de pondre. Et pour vérifier que votre code tient la route, le jeu fournit même des tests unitaires, des tests vidéo et des tests audio.

Mais le truc qui m'a scotché dans ce "jeu", c'est le debugger. Dans celui-ci, vous avez droit à un visualiseur de mémoire, un log d'instructions, les nametables, la CHR, les sprites, les palettes, les canaux APU affichés un par un, le monitoring du contrôleur... l'arsenal complet du mec qui développe pour de vrai, mais emballé dans une interface gaming. Y'a même un tuto interactif pour apprendre l'assembleur 6502 si vous débarquez sans rien connaître...

Voilà, c'est génial pour apprendre des concepts liés à l'émulation et au développement de jeux retro. On savait déjà qu'il était possible d' apprendre Prolog grâce aux Pokemon ou de recréer une carte 3dfx de zéro et voilà que maintenant, on nous propose carrément de dompter l'émulation de la NES.

Puis surtout, une fois que vous maitriserez un peu plus, le mode libre de EmuDevz vous permettra de commencer à coder des émulateurs pour d'autres systèmes. Ah et y'a même une bande son retro-synthwave dans l'appli pour se mettre dans l'ambiance.

Et je vous l'ai dit ou pas que c'était open source, trouvable sur Steam mais surtout jouable directement depuis votre navigateur ???

La vie est belle ! Et bonne canicule à tous 🥵 !

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Half-Life 2 dans le navigateur - Le hack d'un lycéen

Par : Korben ✨
25 juin 2026 à 22:34

Vous vous souvenez de la première fois que vous avez lancé Half-Life 2 et que vous avez attrapé une caisse avec le gravity gun ? Eh bien un lycéen qui se fait appeler slqnt vient de remettre tout ça dans votre navigateur, gratuitement, sans avoir à installer Steam ni à télécharger le moindre gros paquet. Ça se passe sur hl2.slqnt.dev , c'est en ligne depuis hier, et le jeu tourne tout en fluidité, largement au-dessus des 60 images par seconde directement sous Chrome.

Sur mobile par contre, il vous faudra un clavier branché parce que les contrôles tactiles sont quasi inexistants pour l'instant, mais sur un PC, vous lancez la page et vous voilà à Black Mesa East.

Maintenant, le plus intéressant c'est comment il s'y est pris, parce que porter un jeu bâti sur le moteur Source de Valve (le même que celui de 2004, successeur de GoldSrc) dans un onglet, ça ne se fait pas en claquant des doigts.

Et slqnt n'est pas parti de zéro puisque c'est un copain qui lui a montré un portage de Portal fait par un autre dev nommé weliveinhell. Ce projet open source était d'ailleurs lui-même un fork de nillerusr/source-engine , c'est-à-dire une version modifiée de la fuite du code du moteur Source de Team Fortress 2 qui a circulé en 2020. Voilà pour la base du truc qui n'est ni plus ni moins que le moteur leaké patiemment retapé par la communauté.

L'astuce de ce portage tient dans un mode de rendu appelé ToGLES. En gros le moteur sait parler OpenGLES, le truc qu'on utilise d'habitude pour les applis Android, sauf qu'Emscripten sait traduire ces appels en WebGL2 dans le navigateur. Résultat, slqnt n'a eu quasiment aucun travail à faire côté affichage, le plus dur étant déjà fait.

Le casse-tête par contre, ça a été d'abord les assets, parce que cette version du moteur date d'avant la réédition anniversaire de HL2 et ne supportait pas ses fichiers. Il a donc fallu basculer sur la branche steam_legacy de Steam, puis dépaqueter tous les VPK du jeu et les redécouper en fichiers .data, un par carte, pour que le navigateur les charge au fur et à mesure.

Et puis il y a eu les animations faciales. C'était l'une des grandes fiertés techniques de HL2 à sa sortie, la façon dont les visages bougeaient en parlant. Sauf que ça faisait tellement planter le portage que slqnt a fini par désactiver complètement le système pour avoir quelque chose de stable.

Du coup le G-Man vous fait son monologue d'intro avec un visage figé, mais au moins ça tourne. Le reste de son journal de bord est également une jolie liste de galères de bidouilleur, vu de l'intérieur avec au hasard, les sauvegardes à recâbler sur le système de fichiers d'Emscripten, les batteries et medkits qui ne fonctionnaient pas, le gravity gun qu'Alyx vous tend mais qui n'arrivait jamais dans l'inventaire, les PNJ qui s'effondraient et mouraient au hasard, les headcrabs qui ne faisaient aucun dégât, l'eau toute noire et j'en passe...

Petit détail qui parle à quiconque a déjà bidouillé un jeu, il a dû remapper l'accroupissement sur la touche C, parce que CTRL déclenchait des raccourcis du navigateur qui pourrissent la partie.

Reste maintenant la question que tout le monde se pose : Est-ce que Valve est au courant ? Parce qu'un portage qui repose sur du code moteur leaké et sur les assets du jeu, légalement, c'est une zone grise bien grise qui tire vers le noir.

Valve a toujours été plutôt cool avec sa communauté de moddeurs, mais ça pourrait disparaître du jour au lendemain. Après si l'idée d'un jeu Source qui tourne dans un onglet vous fait marrer, c'est exactement le même esprit que ce Portal 2 transformé en serveur web , ou que ce Doom qui tourne avec juste du CSS . Mettre les vieux FPS dans le navigateur, c'est presque devenu un sport, je vous en parlais déjà avec Wolfenstein 3D .

Bref, foncez essayer tant que c'est en ligne. Et si vous y arrivez sur mobile sans clavier, écrivez vite un bouquin pour raconter comment vous avez fait !

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SAMDUO propose une batterie domestique ultra fine

20 juin 2026 à 09:47

D'habitude, une batterie domestique, c'est un gros bloc qu'on planque à la cave ou au garage. SAMDUO prend le contre-pied avec sa gamme Nex, présentée cette semaine à Amsterdam, et veut en faire un objet qu'on assume de laisser à la vue de tous.

Le modèle E6000 ressemble à un grand cadre fixé au mur, 11,9 cm d'épaisseur seulement, soit la plus fine du monde d'après la marque. Sa variante E6000H abandonne le mur pour un cube de la taille d'un micro-ondes, à glisser dans un coin. Même capacité. Deux façons de la ranger.

Derrière SAMDUO se cache un industriel chinois quasi inconnu il y a encore six mois, qui arrive en Europe avec de gros moyens. Les deux E6000 stockent 6 kWh et visent le tarif de 1999 euros, avec une sortie française au troisième trimestre.

Vient ensuite la question du branchement. Pas besoin de toucher à vos panneaux, la batterie se greffe sur le circuit électrique de la maison et récupère le surplus produit dans la journée. On appelle ça du couplage en courant alternatif, et le bon côté, c'est que ça fonctionne avec à peu près n'importe quelle installation déjà posée.

Côté France, le souci, c'est que la batterie doit savoir en temps réel ce que consomme la maison. SAMDUO a prévu un petit boîtier pour ça, mais il est pensé pour les compteurs néerlandais pour le moment. Chez nous, il faudra ajouter un module dans le tableau électrique.

Pour ceux qui partent de zéro, il y a aussi la P2800 Pro, plus petite avec ses 2,73 kWh extensibles jusqu'à 16,41 kWh, mais qui se relie directement aux panneaux par quatre entrées dédiées. Une approche plus classique, au tarif encore tenu secret.

On a pu jeter un oeil à l'application, et c'est propre. Elle affiche en direct ce qui entre et ce qui sort, jongle avec les heures creuses chez 800 fournisseurs européens dont EDF, mais l'API ouverte n'est pas encore prête.

Si tout le monde se précipite sur ces batteries, c'est que revendre son électricité est de moins en moins rentable, même en France. Les Pays-Bas, eux, où nous étions pour le lancement de la marque avec l'ami Korben, suppriment leur système de revente avantageux dès 2027.

En tous cas le pari du design est réussi. À 2000 euros pièce, par contre, il faudra quelques années avant de le rentabiliser.

Windows NT sur GameCube - Parce que pourquoi pas

Par : Korben ✨
19 juin 2026 à 07:29

La GameCube, on la connaît pour avoir fait tourner la meilleure version de Smash Bros et pour son look de petit cube vaguement "rectangulaire". Mais on ne la connait pas vraiment pour faire tourner un système d'exploitation de bureau du milieu des années 90.

Et pourtant, une bande de bidouilleurs emmenée par Rairii (alias Wack0), épaulé par NTx86 et stonedDiscord, s'est amusée à virer les jeux pour loger un vrai Windows NT là-dedans. Oui, le vrai NT de Microsoft.

Merveilleux non ?

Et le plus beau, c'est que ce n'est même pas de l'émulation, c'est carrément un portage natif. Le truc que j'ignorais, c'est qu'à une époque Microsoft avait sorti une version PowerPC de Windows NT, du temps où le système supportait encore des architectures un peu exotiques. Or la GameCube tourne justement sur un processeur PowerPC, le fameux Gekko.

Les deux étaient donc faits pour se rencontrer, et il ne manquait qu'un type assez taré pour les marier. Le projet s'appelle entii-for-workcubes , et il ne s'arrête pas à la GameCube. Vous pouvez aussi le booter sur une Wii, sur une Wii Mini (qui réclame quand même un petit hardmod pour la carte SD), et même dans le mode vWii de la Wii U.

Petit retour en arrière quand même pour les plus jeunes... Dans les années 90, Windows NT n'était pas du tout le truc Windows-x86-only qu'on connaît aujourd'hui. Il tournait sur MIPS, sur DEC Alpha, sur PowerPC, parce que Microsoft voulait un OS portable, qui ne soit pas marié à un seul fabricant de puces. L'histoire a tranché en faveur du x86 et tout le reste est tombé dans l'oubli. Sauf que ces vieux binaires PowerPC existent toujours, et c'est ce qui rend ce hack possible 25 ans plus tard.

Pour l'installer, vous balancez une image ISO de NT 3.51 ou 4.0 sur une carte SD, vous chargez le loader via Swiss sur GameCube ou via le Homebrew Channel sur Wii, et vous vous laissez guider par l'installeur de NT comme en 1996.

C'est une version assez dégradée, mais parfaitement fonctionnelle de l'expérience poste de travail d'époque. Le seul vrai casse-tête, c'est la saisie. La GameCube n'a jamais eu de clavier digne de ce nom, donc il faut ruser avec des méthodes de saisie à la manette. À moins de mettre la main sur une de ces rarissimes manettes GameCube qui planquaient un clavier complet en plein milieu. Oui oui, ça a vraiment existé.

Maintenant, ne vous attendez pas non plus à un miracle car tout ne fonctionne pas. Pas de réseau, pas de son non plus. Et le bus EXI est lent de fou, donc ça traîne franchement sur les accès disque côté GameCube. Le pilote graphique GDI tourne également avec du code pas optimisé pour un sou, le branchement à chaud de l'USB n'est pas géré, et le système peut planter au redémarrage de temps en temps. Bref, c'est un poste de travail des années 90 sur un jouet des années 2000, avec les compromis qui vont avec.

À noter d'ailleurs que ce hack n'est pas tout frais, la dernière version date de mars 2025. C'est juste qu'il refait surface en ce moment, et je pense qu'il le mérite. La Dreamcast affichait fièrement "Compatible with Microsoft Windows CE" imprimé sur sa coque, la GameCube vient de la rattraper par la petite porte. Et détourner une console pour lui faire avaler un OS qui n'a rien à y faire, ça reste un grand classique, avec le hack qui a fait tourner Linux sur la PS5 et tous ceux qui font tourner Half-Life sur un Nokia de 2007 ou un jeu Mega Drive depuis un vinyle ...

Évidemment, faire tourner Windows NT sur une GameCube ça ne sert strictement à rien, à part pour le challenge et la frime, ça présente donc peu d'intérêt, mais c'est rigolo de voir que ça reste possible. Et c'est pour ça aussi que j'adore ça !

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Tapo C675D KIT - 2 objectifs 4K et zéro angle mort

Par : Korben ✨
18 juin 2026 à 07:54
-- Article en partenariat avec Tapo - Contient des liens affiliés --

La Tapo C675D KIT de TP-Link est une caméra de surveillance solaire qui vient de sortie, avec un truc qu'on voit rarement à ce tarif : 2 objectifs 4K.

Un grand-angle fixe qui surveille toute la scène, et un second monté sur rotule qui zoome et suit l'action tout seul comme un grand. J'avais déjà testé sa petite sœur, la Tapo C665G , et là j'avoue que Tapo monte clairement d'un cran.

Les deux objectifs, c'est malin parce que sur une caméra motorisée classique, dès qu'elle pivote pour suivre quelqu'un, elle perd le reste du champ. Ainsi, pendant qu'elle zoome sur le mec qui crochète votre portail, votre bagnole sort du cadre et son complice peut se barrer avec... Alors qu'ici, non. Le grand-angle reste planté sur ses 169° et filme tout en permanence, tandis que le téléobjectif part chasser le mouvement en tournant sur 360°. Et tout ça est diffusé sur deux flux 4K séparés.

Et le mieux, c'est que les deux bossent ensemble puisque c'est le grand-angle qui fait le boulot de détection : il repère le mouvement et envoie le téléobjectif se verrouiller dessus pour le suivre en temps réel. Tapo appelle ça le suivi intelligent synchronisé, moi j'appelle ça "la caméra qui te colle aux cul". Les deux capteurs crachent du vrai 4K (3840 x 2160), le grand-angle ouvre à 169° et le téléscopique à 66° avec un zoom x5 pour aller lire une plaque ou reconnaitre un visage au fond du jardin.

Pour l'installation, rien de sorcier comme d'hab avec Tapo. Le panneau solaire doit être orienté plein sud sinon il prend pas assez de lumière, et la caméra se fixe avec des vis. Y'a 9 vis et 9 chevilles dans la boîte, plus un gabarit autocollant pour percer droit. La recharge passe également par un port USB-C planqué sous une trappe étanche, et comme le câble entre le panneau et la caméra fait 3,6 mètres, vous pouvez vraiment placer le panneau looooiiin si la caméra est à l'ombre. Et surtout, les ports et les boitiers sont étanches (IP65), donc y'a pas de flotte qui rentre.

Côté énergie, y'a une batterie de 10000 mAh et un panneau solaire de 4,5 W donc il faut environ 90 minutes de soleil direct par jour pour tenir la journée, et jusqu'à 3 mois d'autonomie sur une charge si jamais le ciel fait la gueule. Avec les longues journées d'été et la canicule permanente qu'on se prend, zéro souci donc de ce côté.

Reste à voir cet hiver ce que ça donne, comme d'hab avec le solaire.

Petite différence quand même avec la C665G, ici, pas de 4G. C'est uniquement du WiFi bi-bande 2.4 et 5 GHz. Donc faut avoir du réseau là où vous la posez. C'est donc un peu moins polyvalent pour le fond du jardin, mais pour surveiller une maison, une cour ou une allée, le WiFi suffit largement et ça vous évitera de bloquer un forfait data pour ça.

Et pour le mode nuit, vous avez le choix : infrarouge classique en 850 nm pour le noir total, ou la vision nocturne couleur grâce aux projecteurs intégrés. Comme ça, plus besoin de deviner si c'est un chat noir ou un tout petit cambrioleur en sweat à capuche. La détection IA distingue également les personnes, les animaux et les véhicules, et ces fonctionnalités sont gratuites et sans abonnement, puisque tout est traité directement en local sur la caméra. Vous pouvez aussi définir des zones d'activité, genre surveiller l'allée mais ignorer la rue pour pas vous faire alerter à chaque voiture qui passe (puis de toute façon, c'est illégal de filmer la rue).

Pour le stockage, vous pouvez y glisser soit une carte microSD jusqu'à 512 Go en local, soit opter pour le cloud Tapo Care si vous préférez. Le mode capture 24/7 permet aussi à la caméra d'enregistrer en continu par petits intervalles pour ne pas vider la batterie, mais dès qu'elle détecte un truc qui gigote, elle passe en mode film complet. Y'a aussi l'audio bidirectionnel pour engueuler le livreur à distance, une sirène et des lumières d'alarme rouge et bleu pour faire fuir les curieux et le tout encaisse de -20°C à 45°C. Ah et j'oubliais, c'est compatible Alexa et Google Home, et tout est piloté depuis l'appli Tapo.

Pour les bidouilleurs, sachez que comme souvent sur les Tapo sur batterie, y'aura pas de flux RTSP à récupérer. C'est vraiment dommage et je comprends pas pourquoi les constructeurs n'en proposent pas d'office (ah oui, leur abonnement, c'est vrai...). Donc si vous vouliez la brancher à un Frigate ou à Motion sous Linux pour la gérer avec vos autres caméras, bah c'est mort. Par contre sur vos caméras qui exposent du RTSP, Cameradar reste très pratique pour tester si vos flux sont bien sécurisés, je vous invite à tester !

Bref, la C675D KIT, c'est la version "je veux tout voir et tout savoir" de la caméra solaire avec un vrai double objectif qui règle enfin ce défaut des caméras motorisées. Sans parler du panneau solaire qui vous évitera de tirer des câbles partout comme un électricien qui aurait bu trop de café.

Vous pouvez la trouver ici si ça vous tente !

Qwen-Robot Suite - Alibaba donne un corps à son IA

Par : Korben ✨
18 juin 2026 à 06:56

Voici une news concernant l'intelligence artificielle, qui je pense devrait vous plaire si vous vous intéressez à la robotique. Alibaba qu'on ne présente plus, vient de sortir sa Qwen-Robot Suite, 3 modèles IA signés Tongyi Lab (les gens derrière Qwen ) imaginé pour donner un corps à l'IA. Parce qu'une machine capable de décrire votre cuisine au millimètre près mais complétement infoutue d'y attraper une tasse, voilà un peu ce qu'on a en robotique en ce moment...

Car "comprendre" le monde, ça les modèles savent faire. Mais agir dedans, c'est une autre paire de manches. Cette Qwen-Robot Suite découpe donc ça en trois briques, RobotNav pour se déplacer, RobotManip pour saisir des objets, et RobotWorld qui joue les boules de cristal en prédisant ce qui va se passer avant même que le robot ne bouge. Et si vous voulez expérimenter tout ça tout de suite, sans mettre les mains dans le cambouis, y'a même une démo Chat2Robot , où vous tapez une instruction dans votre navigateur et un bras robotique l'exécute en direct !

Mais le plus parlant dans leurs démos, c'est ce chien-robot Unitree Go2 ( bourré de failles de sécu, qui balance toutes vos données en chine ) qui, une fois lâché chez vous avec sa seule petite caméra bas de gamme, peut se balader dans toute la maison pour vous rendre tout un tas de services. Sauf qu'ici il opère dans des lieux qu'il n'a jamais vus, en suivant vos consignes vocales de pièce en pièce, et il peut même refaire tout le trajet à l'envers sur commande. C'est en tout cas, assez cool de voir ces world models enfin capables d'apprendre à résoudre des problèmes auxquels il n'a encore jamais été confronté.

L'astuce, c'est d'entraîner un seul modèle sur les données de plein de robots différents d'un coup, au lieu de repartir de zéro pour chaque machine. Du coup un geste appris sur un bras X se transfère direct sur un autre bras Y, et chaque robot profite ainsi, en quelque sorte, de l'expérience accumulée par tous les congénères du lot. Et tout ça a été nourri avec plus de 38 000 heures de données, uniquement en l'open-source, dont des vidéos de gens filmés en train de faire des trucs, et adapté pour que la machine puisse apprendre en regardant faire des humains .

Et niveau perfs, ça tape fort apparemment !

Sur les benchmarks de manipulation, RobotManip passe devant π0.5, un modèle de Physical Intelligence dont je vous avais déjà parlé, avec quand même 7 points d'avance, sur un benchmark de manipulation standard. Il finit aussi premier sur RoboChallenge, le classement généraliste du secteur. Bon, ce sont des chiffres de labo bien sûr, mais le saut par rapport à la concurrence fait mal ^^.

Ce que Qwen veut faire surtout, c'est de tout passer par le langage naturel comme ça une commande de bras, un virage de voiture, un point de navigation et compagnie... tout devient une simple phrase. Cela permet aux modèles Qwen classiques d'appeler ces briques comme des outils, et de brancher l'intelligence artificielle classique (les LLMs) directement sur l'action physique (les World Model). La presse parle déjà d'un "moment Android" pour la robotique, autrement dit un cerveau logiciel que n'importe quel fabricant de bras ou de roues pourrait embarquer sans avoir à fabriquer la quincaillerie. Ce serait fou !

Après, Chat2Robot tourne sur 50 tâches seulement et n'est pas parfait. Le tout est en test pilote chez quelques clients d'Alibaba Cloud, donc c'est pas encore pour votre robot aspirateur... Mais si le concept de robot à la maison vous intéresse, c'est une approche intéressante je trouve. Entre Physical Intelligence, Gemini Robotics chez Google et GR00T chez NVIDIA, tout le monde semble chercher le même Graal, à savoir une IA généraliste capable de piloter n'importe quel corps mécanique. Bref, Alibaba ne vend pas de robot, mais le cerveau qui va dedans, et le fait que ce soit entièrement open-source et orienté langage me fait dire qu'on risque de voir plein de projets cools et surtout accessibles se monter autour de ça.

Source

Le X-59 de la NASA vole plus vite que le son, mais sans le bang qui va avec

17 juin 2026 à 17:10

Le 12 juin, l'avion expérimental X-59 de la NASA a filé à Mach 1,4, soit environ 1 490 km/h, à 17 000 mètres d'altitude. Et au sol, silence.

La quête du silence quand on travaille sur un avion qui dépasse le mur du son, c'est étonnant, et pourtant... Normalement, dès qu'un avion dépasse la vitesse du son, il comprime l'air devant lui en une onde de choc qui claque au sol comme un mega coup de tonnerre. C'est ça, le bang supersonique.

Et c'est précisément pour ce bruit que les vols supersoniques au-dessus des terres sont interdits aux États-Unis depuis 1973. Le X-59 a été conçu pour casser cette règle, en prouvant qu'on peut franchir le mur du son sans terroriser les gens en dessous.

Le secret, c'est évidemment sa forme. L'appareil mesure près de 30 mètres de long, avec un nez interminable de 11,6 mètres, une proue démesurée qui sert à étaler l'onde de choc dans le temps au lieu de la concentrer d'un coup, si bien qu'au sol on n'entend plus un bang mais un bruit sourd, du genre portière de voiture claquée un peu fort.

Derrière cette conception improbable, on retrouve Skunk Works, la division secrète de Lockheed Martin spécialisée dans les avions hors normes, celle qui a déjà sorti le SR-71 et le F-117. Sous le capot, un seul réacteur General Electric F414.

Ce programme très spécial avance vite. Avec un premier décollage le 28 octobre 2025, un premier passage supersonique le 5 juin à Mach 1,1, et une semaine plus tard ce vol à Mach 1,4. À chaque nouvel essai, le pilote pousse le bouchon un peu plus loin.

La vraie étape arrive dès maintenant . La NASA va tenter de faire voler le X-59 au-dessus de villes américaines, puis poser aux habitants une question toute bête : ce bruit sourd, vous le supportez ou pas ?

Les réponses iront ensuite directement aux régulateurs, avec l'idée de fixer un seuil de bruit acceptable et, à terme, de lever cette interdiction vieille de cinquante ans.

En ligne de mire, le fantôme du Concorde. Coincé lui aussi au subsonique dès qu'il passait au-dessus des terres, l'avion franco-britannique n'a jamais pu relier qu'une poignée de villes, ce qui a fini par plomber sa rentabilité. Un X-59 qui réussit, ce serait la porte ouverte à un Paris-New York en moins de quatre heures sans réveiller personne au passage.

Source : NASA

Le vieux Pixel de votre tiroir vaut peut-être mieux qu'un serveur

17 juin 2026 à 06:53

Des chercheurs de l'université de Californie à San Diego, épaulés par Google, viennent de prouver un truc contre-intuitif : un Pixel mis au rebut il y a trois ans tient encore tête à un serveur professionnel sur certains calculs, au point qu'on peut en assembler un vrai data center au lieu de le foutre à la poubelle.

L'idée a été posée sur le blog de recherche de Google . Une fois l'appareil ouvert, les chercheurs retirent tout ce qui ne sert plus, l'écran, la batterie au lithium, les caméras et la coque, jusqu'à ne garder que la carte mère et sa puce, ce qu'on appelle un SoC, le processeur qui faisait tourner Android avant qu'on le bascule sur une distribution Linux des plus classiques.

Ce système, le même qui anime déjà l'immense majorité des serveurs de la planète, libère la puce des limites pensées pour un mobile, à commencer par ce bridage qui met les applications en pause dès qu'elles passent à l'arrière-plan. Ensuite, il suffit de relier ces cartes mères entre elles via Kubernetes, l'outil que les géants du web emploient déjà pour piloter les milliers de machines de leurs centres de données comme un seul gros ordinateur.

Le plus déroutant arrive là. Sur la plupart des tests ne mobilisant qu'un seul cœur, un Pixel Fold de 2023 dépasse un serveur ASUS RS720A-E11 pourtant équipé de deux gros processeurs AMD, le genre de bête qu'on retrouve dans les baies des entreprises.

Le serveur empile bien plus de cœurs en parallèle, si bien qu'il faut réunir entre 25 et 50 téléphones pour rivaliser avec son débit total. Mais bon. Dès lors que vous ramassez ces appareils gratuitement au lieu d'acheter du silicium neuf, l'équation se renverse.

Le vrai argument est écologique, puisque près de la moitié des émissions de carbone d'un smartphone sur toute sa vie part dans sa seule fabrication, surtout dans l'assemblage de la carte mère et du processeur, ce fameux carbone gris déjà cramé avant même que l'appareil ne s'allume.

On change pourtant de mobile tous les trois ou quatre ans, en balançant une puissance de calcul encore largement bonne à servir, pendant que les entreprises font fabriquer des serveurs flambant neufs pour les mêmes tâches. Le gâchis est énorme.

L'équipe a pour l'instant fait tourner une grappe de 20 téléphones, qui a encaissé sans broncher le pic de rendu des devoirs d'une classe de plus de 75 étudiants avec une latence plus basse que les services cloud du commerce. Elle prépare déjà un cluster d'environ 2 000 Pixel pour la rentrée, capable d'absorber une centaine de cours d'informatique en même temps pour une fraction du prix du cloud habituel.

Reste à rester lucide. Ces puces ont peu de mémoire, donc on les cantonne aux tâches légères, la correction automatisée ou les carnets de code, loin de l'entraînement d'un gros modèle d'IA.

Mais voir une montagne d'e-déchets se muer en salle de classe numérique, ça donne sacrément envie d'y croire. Surtout vu le nombre de Pixel qui dorment au fond de nos tiroirs, même moi j'en ai deux qui traînent pour tout vous dire.

Source : Techspot

Commodore Callback 8020 - Le flip phone anti-réseaux sociaux

Par : Korben ✨
16 juin 2026 à 16:10

Commodore est de retour les amis ! Et pas avec une énième réédition miniaturisé avec IA du C64. Non, la marque, rachetée l'an dernier par le YouTubeur Peri Fractic devenu maintenant son PDG, sort un téléphone à clapet !

Un vrai de vrai de boomer qui se ferme d'un coup sec quand vous en avez marre d'écouter les conneries de votre correspondant. Il s'appelle le Callback 8020 et sa promesse c'est de faire tout ce dont vous avez besoin, et rien de ce qui vous bouffe la vie.

Sous le clapet, pas d'Android classique donc mais un Sailfish OS , le système Linux développé par Jolla, l'équipe d'ex-ingénieurs Nokia dont je vous ai déjà causé. Le navigateur web et les réseaux sociaux sont bloqués au niveau du système, et il est parfaitement impossible de les réactiver (normalement...mais bon, j'imagine qu'un bidouilleur y arrivera).

Mais peu importe, c'est le but et en échange, ce bidule fait tourner 99% des apps Android sans passer par Google : WhatsApp, Signal, Maps, Spotify, Ubert...etc, tout ça répond présent. Mais par contre, pas d'email, pas de Slack ni de Teams.

Quand vous n'êtes pas au boulot, vous n'êtes pas au boulot !

Le reste ensuite, c'est du concentré de nostalgie bien pensée.

On y retrouve donc un écran interne de 3,25 pouces, un petit écran externe de 1,77 pouce qui n'affiche que l'heure, la batterie et le signal du réseau, un clavier T9 à l'ancienne, et surtout pas de tactile pour vous couper l'envie de scroller.

La caméra arrière est une 48MP de Sony, il y a également une prise jack 3,5mm et une radio FM. Le son passe par un DAC audiophile signé ESS et Cirrus Logic, et ça tombe bien puisque c'est justement ESS qui avait fait la synthèse vocale de Ghostbusters et Mission Impossible sur C64. Du coup le téléphone est bourré de sonneries basées sur la puce SID, et il peut même piloter le Commodore 64 Ultimate quand les deux sont sur le même réseau WiFi.

L'idée d'avoir un téléphone qui vous force à lâcher l'écran n'est pas neuve... Je pense par exemple au Light Phone III fait déjà ça, mais à 799 dollars et sans WhatsApp ni applis utiles, bof. Alors que ce Commodore est bien moins cher et garde tout l'aspect pratique du téléphone. Le projet s'appuie aussi sur des études sérieuses, notamment une de PNAS Nexus en 2025 qui montre que couper l'accès en ligne améliore l'attention et le bien-être, et également un sondage Pew la même année où 45% des ados disent passer trop de temps sur les réseaux.

Même Leonard Tramiel, le fils de Jack Tramiel le fondateur de Commodore, valide le truc en parlant d'un vrai break sans option pour ceux qui en ont besoin.

Et pour les bidouilleurs, tout n'est pas verrouillé puisque vous pouvez sideloader vos propres APK, sauf les applis de réseaux sociaux et les navigateurs qui resteront bloqués quoi qu'il arrive. Il y a même un app store maison, le Commostore, où vous pourrez demander qu'une appli soit whitelistée via un formulaire. Ensuite, si c'est validé, ça peut aller vite (environ 24 heures).

Je vous avoue que ça me chauffe bien... J'ai commencé ma carrière sur un Commodore 64 et chaque jour qui passe, quand je vois ce qu'est devenu Internet, j'ai envie de tout arrêter et de me débrancher... Alors ce dumb-smartphone c'est peut un signe pour moi que la boucle est bouclée. En plus je le trouve magnifique surtout la version beige très début des années 80 !

J'avoue, je me tâte... C'est en pré-commande et la livraison est promise pour fin 2026. Après ouiiii, je sais, je connais le destin chaotique des reboots de Commodore (la marque a déjà essayé de renaître plus d'une fois) donc pas sûr que ce soit un bon investissement.

Surtout que c'est vendu une coucouille à partir de 499 dollars pour l'entrée de gamme, 549 pour la version translucide Starlight et 639 pour la "Founders" avec son bouton C= plaqué or pour ceux qui se prennent pour Elon Musk. Je suis donc extrêmement halluciné de voir un dumbphone à ce prix-là .

Reste à voir si le Callback sortira vraiment et tiendra ses promesses, mais l'idée d'un téléphone Commodore qui vous aide à décrocher, en 2026, j'avoue que ça me parle foooort ! Pré-commandes le 30 juin.

Une veste qui fabrique de l'eau potable à partir de l'air, comme dans Dune

16 juin 2026 à 09:13

Des ingénieurs de l'université du Texas à Austin ont mis au point un vêtement qui tire de l'eau potable directement de l'air ambiant, sans réservoir à remplir ni source à proximité, simplement grâce au tissu dont il est fait. Le travail, mené par Guihua Yu et son équipe de la Cockrell School of Engineering, avec le chimiste Keith Johnston du département de génie chimique McKetta et l'auteur principal Weixin Guan, vient d'être publié dans la revue scientifique Science Advances.

Le secret tient dans la matière. Il s'agit d'un tissu en hydrogel, c'est-à-dire un gel ultra-absorbant ici fabriqué à partir de matières issues de la biomasse, donc d'origine végétale, qui capte les molécules d'eau présentes dans l'air sous forme de vapeur avant de les faire passer à l'état liquide sur la surface des fibres puis de les stocker en profondeur.

Toute la prouesse réside dans la vitesse à laquelle l'eau franchit ces étapes, l'équipe ayant conçu un chemin qui la fait circuler très rapidement de la vapeur vers le liquide puis vers le textile, ce qui lui vaut une efficacité de trois à dix fois supérieure aux matériaux de récupération atmosphérique habituels.

Une fois l'humidité captée, elle est dirigée vers de petits modules détachables que l'on retire pour les glisser dans un collecteur pliable, où la chaleur du soleil libère l'eau emprisonnée dans le gel, qui se condense alors et devient buvable.

Côté rendement, la veste produit entre 400 et 900 millilitres d'eau potable par jour, soit grosso modo une à deux petites bouteilles, selon le taux d'humidité de l'air. Une version posée au sol plutôt que portée grimpe, elle, jusqu'à 1,3 litre quotidien, et tient ce chiffre aussi bien dans un climat aride que dans une ambiance tropicale moite.

La comparaison avec Dune était écrite d'avance. Dans le roman de Frank Herbert porté à l'écran par Denis Villeneuve, les habitants de la planète désertique Arrakis enfilent des stillsuits, ces combinaisons qui recyclent la transpiration et l'urine de celui qui les porte pour ne gaspiller aucune goutte d'eau dans un monde où elle vaut plus cher que tout. Ici, c'est nettement plus ragoûtant, puisque la veste ne prélève rien sur le corps et se contente d'aspirer l'humidité de l'air.

Et le projet ne s'arrête pas à un simple blouson, l'équipe imaginant déjà glisser le même tissu dans des sacs à dos, des tentes ou des abris d'urgence, histoire de transformer du matériel qu'on transporte déjà partout en petite usine à eau qui ne réclame ni pile ni branchement électrique.

Bon, il reste des inconnues de taille, puisqu'on ignore le poids réel du vêtement, son prix éventuel et surtout sa tenue dans le temps une fois enchaînés les cycles d'absorption et de chauffe. Et 900 millilitres, c'est encore loin de couvrir les besoins d'un adulte qui marche toute la journée en plein cagnard.

N'empêche, pour un randonneur perdu ou une région privée d'eau, tirer un demi-litre du ciel sans la moindre nappe à proximité, ça peut tout changer.

Source : Techspot

Le Canada coupe sa station radio horaire CHU après plus d'un siècle de service

27 mai 2026 à 14:37

Le 22 juin prochain, le Canada va éteindre une voix qui parle sans interruption depuis 1923. La station CHU, opérée par le Conseil national de recherches (l'équivalent canadien du CNRS), cessera ses émissions sur ondes courtes après plus de cent ans de bons et loyaux services.

Trois fréquences disparaîtront du spectre radio : 3330, 7850 et 14670 kHz. C'est la fin d'une époque.

Pour ceux qui n'auraient jamais croisé son signal, CHU diffusait en continu l'heure officielle canadienne, calée sur une horloge atomique du CNRC. Le principe est très simple : un émetteur balance des "tops" précis à la milliseconde, et n'importe quel récepteur radio peut s'y synchroniser. 

La station alternait code morse, voix synthétique (en français et en anglais, tradition oblige), impulsions courtes appelées DUT1 pour les horloges radio domestiques, et un code numérique FSK pour les équipements plus modernes. C'était un peu l'horloge mère qui réglait tous les chronomètres du pays.

CHU est née en 1923 sous l'indicatif 9CC, puis VE9OB, avant de prendre son nom définitif en 1938. Elle faisait partie d'une petite famille de stations horaires qui existe encore aujourd'hui avec WWV et WWVB côté américain, DCF77 en Allemagne et MSF au Royaume-Uni. Si vous avez un réveil "atomique" acheté en Europe, il se cale en fait sur DCF77, près de Francfort. Les Canadiens, eux, écoutaient CHU.

Alors pourquoi débrancher la prise maintenant ? Le CNRC explique que l'heure officielle est désormais distribuée par d'autres canaux : NTP (Network Time Protocol, le système qui met automatiquement vos ordinateurs à l'heure via internet), GPS pour les équipements embarqués, et même une horloge parlante téléphonique toujours active.

La diffusion sur ondes courtes coûte cher à entretenir, et son public se résume aux derniers radioamateurs, à quelques marins équipés à l'ancienne et aux passionnés.

C'est la deuxième fois en peu de temps que le Canada coupe un signal horaire emblématique. La CBC avait déjà arrêté en 2023 son fameux "long dash", ce bip long de fin de journal qui rythmait la radio canadienne depuis 1939.

À chaque coupure, le même argument : tout est passé sur internet, à quoi bon maintenir la bande HF ? Le souci, c'est que si les serveurs NTP ou le réseau électrique flanchent, plus personne n'a de plan B sérieux pour savoir vraiment quelle heure il est. Les ondes courtes, elles, traversent les continents avec un simple émetteur et un récepteur à pile.

Bref, encore un bout d'infrastructure analogique qui s'efface au profit du tout-IP. Dommage.

Source : SWLing

Submit This Form - Le jeu où le boss final est un formulaire web

Par : Korben ✨
27 mai 2026 à 08:37

Remplir un formulaire web, c'est sans doute l'activité la plus chiante qu'on puisse faire en ligne. C'est pourquoi Ben, un développeur qui me lit depuis 20 ans (merci !!!), a eu l'idée géniale d'en faire un jeu à part entière. Ça s'appelle Submit This Form, et c'est un puzzle game gratuit accessible via votre navigateur et dont le boss final est... le formulaire lui-même !

Votre objectif c'est donc de soumettre le formulaire. Facile non ? Bah pas tant que ça puisque ce formulaire fait absolument tout pour vous en empêcher. Chaque niveau ajoute une règle de validation plus absurde que la précédente, et c'est à vous de trouver la combine pour passer. J'vous jure, ça ma rappelé des vrais formulaires qui m'ont déjà rendu la vie dure.

Au début, on entre simplement son pseudo, puis les exigences du formulaires se font de plus en plus précises et relou...

Et c'est ça tout le sel du projet est là puisque Submit This Form, c'est une satire jouable de tout ce qu'on déteste dans le web moderne. Les CAPTCHA débiles, les champs qui refusent votre mot de passe parce qu'il manque une majuscule, les formulaires conçus pour vous épuiser jusqu'à l'abandon, et les vrais dark patterns manipulateurs comme les bandeaux cookies qui planquent le bouton refuser.

Ben a tout simplement repris toute cette UX hostile et il en a fait sa mécanique de jeu. D'ailleurs en passant, si les bandeaux cookies vous rendent dingue, un outil comme Consent-O-Matic vous permet de les refuser automatiquement.

Le jeu cache aussi une vraie histoire qui se dévoile au fil des niveaux, avec une difficulté qui grimpe en douceur, donc vous n'êtes pas largué dès le départ. Attention quand même, certains niveaux demandent une bonne dose de débrouille. C'est gratuit, ça tourne directement dans le navigateur et c'est par ici : Submit This Form . Après vous ne verrez plus jamais un champ de saisie de la même façon.

Merci Ben pour le partage !

256 cœurs et 2 nanomètres - AMD met en production son serveur monstre Epyc Venice

26 mai 2026 à 16:12

256 cœurs CPU sur une seule puce. C'est ce que propose le nouvel Epyc Venice d'AMD, sixième génération de son processeur pour serveurs, dont la production de masse vient de démarrer chez le fondeur taïwanais TSMC.

Détail technique remarquable, c'est le tout premier processeur destiné au calcul haute performance (HPC, ces machines géantes qui font tourner les simulations climatiques, les modèles d'IA ou les calculs de chimie quantique) à être gravé sur le nœud de fabrication 2 nanomètres de TSMC, baptisé N2.

Petite mise en perspective pour situer la bête. Le plus gros desktop grand public d'AMD aujourd'hui tape dans les 16 cœurs et 32 threads. Venice, lui, monte à 256 cœurs et probablement plus de 500 threads sur une seule socket, sur une seule carte mère, dans un seul serveur. Vous prenez le processeur le plus musclé de votre PC, et vous le multipliez par seize. Voilà ce qu'AMD glisse dans une seule machine.

Côté chiffres, le constructeur annonce un gain de plus de 70 % en performance globale par rapport à la génération précédente (l'Epyc Turin, qui plafonnait à 192 cœurs), une densité de threads en hausse de 30 %, et surtout une bande passante mémoire qui plus que double, passant de 614 Go/s à 1,6 To/s par socket.

La connexion entre le CPU et le GPU est aussi multipliée par deux. Pour les data centers qui font tourner de gros modèles d'IA, où le goulot d'étranglement vient souvent de la vitesse à laquelle on alimente les puces de calcul, c'est un sacré bond.

Le passage en gravure 2 nanomètres est une étape importante. En pratique, le "2 nm" n'a plus grand-chose à voir avec une mesure physique réelle, c'est devenu un nom commercial pour désigner une nouvelle génération de processus de fabrication chez TSMC.

Mais derrière, on parle bien d'une montée en finesse qui permet de caser plus de transistors par millimètre carré et d'améliorer le ratio performance sur consommation électrique.

Apple a sécurisé une bonne partie de la capacité initiale du fondeur sur ce nœud, et AMD est dans les premiers servis derrière. Intel, de son côté, n'a annoncé son équivalent P-core concurrent (les gros cœurs pour serveurs) que pour 2027 au plus tôt.

AMD a également confirmé que la génération suivante, baptisée Verano, est déjà sur les rails et que la production de Venice finira par déménager en partie dans l'usine TSMC d'Arizona, histoire de diversifier la chaîne d'approvisionnement face aux tensions géopolitiques autour de Taïwan (et faire plaisir à Trump).

Du coup, le combat AMD vs Intel sur le marché serveur prend un sacré tournant. Intel a passé deux ans à essayer de combler son retard sur les cœurs Zen, sans vraiment y arriver. Avec Venice, AMD lui laisse encore un an et demi à courir derrière.

Bref, pour qui pensait que la course aux cœurs serveurs commençait à s'essouffler, et bien non.

Source : Tom's Hardware

Bambu Lab épinglé pour violation de licence open source depuis quatre ans

26 mai 2026 à 15:03

C'est la Software Freedom Conservancy (SFC), l'ONG américaine qui défend les licences libres, qui a sorti l'affaire. Bambu Lab, l'un des plus gros fabricants d'imprimantes 3D grand public du moment, viole l'AGPLv3 depuis environ quatre ans selon l'organisation. Pas qu'un peu donc.

Pour comprendre l'histoire, il faut savoir que Bambu Studio, le slicer maison de la marque (c'est le logiciel qui transforme un modèle 3D en instructions de découpage pour l'imprimante), est en réalité un dérivé de PrusaSlicer, lui-même basé sur Slic3r.

Les deux sont sous licence AGPLv3, ce qui oblige toute boîte qui distribue un logiciel dérivé à publier son code source dans la même licence. Du coup, Bambu Studio aurait dû suivre les mêmes règles depuis le début.

Sauf que voilà, le SFC pointe deux violations très claires. D'abord, une bibliothèque maison appelée libbambu_networking, qui gère toute la communication entre le slicer et les serveurs cloud de Bambu, n'a jamais vu son code publié. La marque reconnaît même son existence dans son propre README sur GitHub. Pire encore, quand le développeur Paweł Jarczak a sorti une version modifiée d'OrcaSlicer (un fork concurrent, c'est-à-dire une copie communautaire améliorée) qui restaurait certaines fonctions cloud bloquées par Bambu, l'entreprise lui a envoyé une mise en demeure pour faire retirer son projet.

C'est la deuxième violation selon le SFC, parce que l'AGPLv3 interdit explicitement d'ajouter des restrictions supplémentaires à ce que la licence autorise. En clair, Bambu n'a pas le droit d'invoquer ses conditions d'utilisation pour empêcher quelqu'un d'exercer les droits que la licence donne. 

Côté riposte, le SFC a lancé un projet baptisé baltobu. Trois objectifs : refaire la fameuse bibliothèque à partir de zéro par reverse-engineering (démonter le code propriétaire pour le réécrire proprement), maintenir le fork OrcaSlicer de Jarczak, et créer un remplaçant complet de Bambu Studio. Une levée de fonds visant 250 007 dollars, ouverte jusqu'au 17 juillet, a déjà atteint son premier objectif pour financer des employés à ce travail sur le long terme. Si la cagnotte va au bout, de nouveaux employés pourront rejoindre le projet.

Bambu Lab a réagi du bout des lèvres. L'entreprise a publié un message reconnaissant que sa référence à des conditions d'utilisation et à une potentielle mise en demeure ait pu être perçue comme une menace légale, ce qu'elle regrette. Pas de modification réelle de la pratique pour autant. La bibliothèque reste fermée, et les pratiques cloud restent les mêmes.

Bref, une marque grand public qui surfe sur les briques open source sans en respecter les règles, ça finit toujours par se voir.

Source : Itsfoss

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