DNS4EU
dont je vous ai causé y'a pas longtemps, c'est le service de DNS co-financé par l'UE et opéré par une société tchèque nommée Whalebone. Et bizarrement, depuis des mois, cette société récupère auprès de l'organisation anti-piratage néerlandaise (la BREIN) des listes de sites pirates.
Du coup, les utilisateurs commencent à se poser des questions... Pourquoi faire ?
Et bien d'après les dernières nouvelles, ils ne s'en servent pas.
La BREIN envoie automatiquement sa liste contenant +300 s
DNS4EU
dont je vous ai causé y'a pas longtemps, c'est le service de DNS co-financé par l'UE et opéré par une société tchèque nommée Whalebone. Et bizarrement, depuis des mois, cette société récupère auprès de l'organisation anti-piratage néerlandaise (la BREIN) des listes de sites pirates.
Du coup, les utilisateurs commencent à se poser des questions... Pourquoi faire ?
Et bien d'après les dernières nouvelles, ils ne s'en servent pas.
La BREIN envoie automatiquement sa liste contenant +300 sites bloqués vers DNS4EU comme ils le font déjà avec les FAI, et je pense qu'ils voyaient ça comme une bonne astuce pour bloquer un maximum de sites illégaux.
Mais pas de bol, Whalebone a fini par expliquer que comme la BREIN n'était pas une vraie autorité de régulation, bah y'avait aucune raison qu'ils utilisent leur liste pour faire du DNS filtrant. Hé ouiiii.
Vous allez voir la nuance... En fait dans le cadre de l'appel d'offre de la Commission européenne en 2022, il était demandé à ce que le prestataire filtre le contenu illégal "sur base légale", donc sur ordonnance d'un tribunal. Par exemple, ça a déjà été le cas avec la France, qui a ordonné
par décision de justice de bloquer certains sites sur DNS4EU
.
Mais cette liste de la BREIN s'appuie uniquement sur des décisions de justice obtenues CONTRE les FAI néerlandais et pas contre DNS4EU. Ah ils sont trop malins !
Après côté usage, ça reste un DNS classique avec cinq profils au choix, un qui bloque juste le malware et le phishing, un qui ajoute le blocage des pubs, un avec protection des enfants, la combinaison des deux, et un "unfiltered" sans le moindre filtre (86.54.11.100 si ça vous tente). Le filtrage, c'est vous qui choisissez, les blocages imposés par la justice mis à part.
Et sur les 63 millions de blocages décidés par DNS4EU lui-même, l'écrasante majorité c'est du phishing et des arnaques, pas du téléchargement. On est donc trèèèès loin de ces cinglés de flics du copyright. Pour l'instant en tout cas...
Je dis "pour l'instant" parce qu'actuellement, on est dans un contexte où la justice européenne serre la vis partout, avec par exemple la France qui ordonne aux VPN de filtrer ou encore l'
Italie avec son Piracy Shield
qui veut faire plier Cloudflare. Mais bon, pour le moment, ce DNS souverain a su dire qui dit "nee" (c'est comme ça qu'on dit "non" en néerlandais) à ces fifous d'ayants droit et pour ça, je les remercie.
Après, un DNS qui propose en option de bloquer ou non les pubs, ça ne me gêne pas une seconde. Mais si un jour c'est pour faire du DNS menteur histoire de faire plaisir aux ayants droit, là ce sera boycott direct pour moi. Bref, je surveille ça de près et je ne manquerai pas de vous tenir au courant.
La souveraineté numérique n’est plus seulement un débat européen ou français : c’est devenu un sujet mondial. Du Canada à l’Union européenne, en passant par les États‑Unis, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique, chaque région tente aujourd’hui de reprendre le contrôle de ses données, de ses infrastructures et de ses technologies.Dans un monde où données, infrastructures et technologies façonnent nos décisions, nos économies et même nos démocraties, une question centrale émerge :
Comment chaqu
La souveraineté numérique n’est plus seulement un débat européen ou français : c’est devenu un sujet mondial. Du Canada à l’Union européenne, en passant par les États‑Unis, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique, chaque région tente aujourd’hui de reprendre le contrôle de ses données, de ses infrastructures et de ses technologies. Dans un monde où données, infrastructures et technologies façonnent nos décisions, nos économies et même nos démocraties, une question centrale émerge :
Comment chaque pays peut-il conserver son autonomie numérique face aux géants technologiques ?
Qu’est‑ce que la souveraineté numérique ?
La souveraineté numérique désigne la capacité d’un État, d’une organisation ou d’un citoyen à garder le contrôle sur ses données, ses infrastructures technologiques et ses usages numériques. En d’autres mots : savoir où, comment et sous quelle juridiction nos données et nos outils sont exploités.
Le concept apparaît à la fin des années 1990 et se précise au fil des années face à la domination grandissante des géants technologiques mondiaux. Aujourd’hui, il englobe :
la maîtrise des données
l’indépendance vis‑à‑vis des plateformes étrangères
Les trois piliers universels de la souveraineté numérique
La maîtrise des données
Peu importe le pays, la question centrale est : où sont stockées les données et qui y a accès ?
Pour le Canada, cela inclut par exemple la protection des données citoyennes à travers des initiatives comme les solutions CIRA DNS Firewall, qui encouragent à privilégier des technologies développées au pays pour améliorer la souveraineté et la cybersécurité.
Pour l’Europe, le RGPD reste une référence mondiale pour assurer une protection élevée des données personnelles.
Note : Le RGPD ne couvre pas les données industrielles. Ces dernières relèvent d’autres cadres juridiques et réglementaires.
Données personnelles, données de santé, données industrielles… Elles représentent un nouveau pouvoir économique et politique. Assurer la souveraineté numérique, c’est :
savoir où les données sont stockées,
décider qui peut y accéder,
s’assurer qu’elles sont protégées par des lois adaptées (ex. RGPD, Loi25).
Le contrôle des infrastructures
Cela comprend les :
data centers,
clouds,
câbles sous-marins,
satellites,
serveurs et réseaux.
Les collectivités françaises peuvent utiliser des clouds certifiés SecNumCloud, qui garantissent un haut niveau de sécurité et de conformité, mais pas une souveraineté garantie. En effet, comme l’a rappelé le directeur de l’ANSSI, SecNumCloud ne protège pas contre toutes les formes d’extraterritorialité, notamment si le fournisseur reste soumis à un droit étranger.
Il s’agit de limiter les dépendances critiques, notamment en :
utilisant des technologies locales ou open source,
diversifiant les fournisseurs,
renforçant les capacités nationales d’innovation,
évitant les situations où un acteur étranger pourrait couper l’accès à un service essentiel.
Tour du monde des stratégies de souveraineté numérique
Canada : priorité à la protection des données
Le Canada adopte une approche pragmatique axée sur :
l’hébergement local des données,
le renforcement de la cybersécurité,
l’adoption de solutions “made in Canada” pour les organisations publiques et privées.
CIRA, par exemple, encourage les organisations à donner la priorité à la souveraineté des données afin de renforcer la sécurité et la résilience face aux cybermenaces.
Plusieurs États membres abandonnent progressivement des outils américains (Teams, Zoom) au profit de solutions souveraines développées en interne ou en Europe. En France, la migration vers Visio, une plateforme souveraine hébergée localement, illustre ce virage massif.
États‑Unis : la puissance technologique comme souveraineté
La souveraineté numérique américaine repose sur :
la domination du cloud mondial (AWS, Azure, Google Cloud),
le contrôle des plateformes (Meta, Google, X…),
les lois extraterritoriales comme le Cloud Act, qui obligent les entreprises américaines à fournir des données même si elles sont stockées à l’étranger.
Le contrôle des câbles sous-marins, dont les GAFAM détiennent plus de 70 %
Les lois extraterritoriales, notamment le Cloud Act (réquisition judiciaire encadrée pour enquêtes criminelles), Section 702 du FISA (surveillance électronique secrète par la NSA), Executive Order 12333 (collecte de renseignement en dehors du territoire américain).
Note : Le FISA est généralement considéré plus intrusif que le Cloud Act, car il relève du renseignement, pas d’une procédure judiciaire.
Paradoxalement, cette souveraineté américaine devient un enjeu de dépendance pour les autres pays.
Chine : souveraineté totale et contrôle strict
La Chine applique l’une des approches les plus radicales :
Internet national contrôlé (Great Firewall),
plateformes chinoises (WeChat, Alibaba, Tencent),
cloud souverain,
hébergement obligatoire des données en Chine.
Son modèle repose sur une souveraineté numérique autoritaire et centralisée, profondément différente de l’approche européenne.
Pourquoi la souveraineté numérique est devenue un enjeu mondial ?
Plusieurs facteurs contribuent à placer la souveraineté numérique au cœur des débats :
La domination des géants du numérique
Les GAFAM (Google, Amazon, Microsoft, Apple, Meta) et leurs équivalents chinois (BATX) contrôlent une part massive des données mondiales. Ils influencent les communications, l’innovation, les flux d’information et même certaines décisions politiques.
La montée des tensions géopolitiques
Sanctions extraterritoriales, menaces de coupures de services, “kill switches”, espionnage numérique… L’Europe, Le Canada, et bien d’autres, fortement dépendants des clouds et technologies américains, se retrouvent en posture fragile.
L’explosion des cyberattaques
Les infrastructures critiques (santé, énergie, transport, collectivités) sont devenues des cibles. Sans maîtrise des systèmes, impossible d’assurer continuité, résilience ou protection.
IA et données sensibles
L’IA dépend fortement du contrôle des données et du calcul, deux ressources stratégiques.
Ce que cela implique pour les entreprises
Peu importe le pays, les entreprises doivent :
choisir des clouds alignés avec leurs lois nationales (ex : RGPD en Europe) ;
renforcer la cybersécurité ;
éviter la dépendance totale à un seul fournisseur étranger ;
privilégier les solutions souveraines ou open source ;
connaître les réglementations transfrontalières qui s’appliquent.
Un enjeu mondial, une responsabilité partagée
La souveraineté numérique est devenue un impératif planétaire. Chaque région du monde, selon ses valeurs et ses besoins, tente aujourd’hui de trouver le juste équilibre entre :
sécurité,
indépendance,
innovation,
ouverture internationale.
Qu’il s’agisse de l’Europe, de la France, des États‑Unis, de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique ou du Canada, tous convergent vers un même constat :
Aucun pays ne peut dépendre entièrement de technologies qu’il ne contrôle pas.
La souveraineté numérique n’est donc pas une option :
c’est une condition essentielle pour l’avenir démocratique, économique et technologique du monde.