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Aujourd’hui — 11 mars 2026Flux principal

Le SETI a peut-être compris pourquoi on ne capte pas de signaux extraterrestres

Par : Korben
9 mars 2026 à 13:03

Des chercheurs du SETI Institute viennent de publier une étude qui pourrait expliquer pourquoi, après des décennies d'écoute, on n'a toujours capté aucun signal radio d'origine extraterrestre. La météo spatiale autour des étoiles brouillerait les transmissions avant même qu'elles ne quittent leur système d'origine. Et 75 % des étoiles de la Voie lactée seraient concernées. Zut alors.

La météo spatiale brouille les pistes

L'étude, publiée dans The Astrophysical Journal, part d'un constat assez simple : les programmes SETI cherchent des signaux radio très étroits, parce que ce type de transmission ne se produit quasiment jamais dans la nature. Un signal bien net, bien fin, c'est le signe qu'il y a quelqu'un derrière.

Sauf que les chercheurs Vishal Gajjar et Grayce Brown ont montré que les vents stellaires, les turbulences de plasma et les éjections de masse coronale qui entourent une étoile peuvent élargir ces signaux et disperser leur puissance sur un spectre plus large.

Le pic qui devrait déclencher les alarmes des télescopes passe alors sous le seuil de détection. Un signal élargi à seulement 10 hertz perd environ 94 % de sa luminosité de pointe. Il est toujours là, mais nos télescopes passent à côté.

Les naines rouges, principal suspect

Les naines rouges sont les plus touchées par ce phénomène, et elles représentent environ 75 % des étoiles de notre galaxie. Ces étoiles sont petites, peu lumineuses, mais elles génèrent une activité magnétique intense.

Les planètes qui les entourent orbitent à des distances très courtes, ce qui expose d'éventuelles transmissions à un environnement de plasma dense et agité pendant plus longtemps.

Les simulations de l'équipe montrent qu'à 1 GHz, plus de 70 % des systèmes de naines rouges produisent au moins 1 hertz d'élargissement de signal, et plus de 30 % dépassent les 10 hertz. À 100 MHz, c'est pire : près de 60 % des systèmes atteignent 100 hertz d'élargissement. Bref, les étoiles les plus communes de la galaxie sont aussi celles qui brouillent le plus les transmissions.

Adapter les outils de recherche

L'équipe du SETI Institute propose aussi d'adapter les méthodes de recherche en testant plusieurs largeurs de signal plutôt que de ne chercher qu'un seul pic ultra-fin. Les fréquences plus élevées sont aussi moins affectées par l'élargissement, ce qui pourrait orienter les prochaines campagnes d'observation.

Pour calibrer leur modèle, les chercheurs se sont d'ailleurs appuyés sur les transmissions radio de sondes spatiales de notre propre système solaire avant d'extrapoler les résultats à d'autres environnements stellaires.

On ne va pas se mentir, après plus de 60 ans de silence, ça fait du bien d'avoir une petite explication de pourquoi on ne capte pas grand-chose. Ça n'est pas que les petits aliens se cachent particulièrement bien, c'est juste qu'on a un biais technique dans les instruments qu'on utilise.

Ça ne veut pas dire qu'il y a quelqu'un là-haut, mais au moins on sait maintenant qu'on cherchait mal. Par contre c'était bien la peine que je fasse tourner SETI@home sur mon PC pendant des années pour du flan au final. Allez on recommence tout à zéro mais on met à jour les outils avant, ok ?

Source : Slashdot

À partir d’avant-hierFlux principal

AstroClick - Le système solaire en voxel dans votre navigateur

Par : Korben
6 février 2026 à 07:24

AstroClick, c'est un simulateur interactif du système solaire en 3D, 100% gratuit et open source, qui tourne dans le navigateur. Ce projet a été développé par Charlie, un lecteur du blog (merci !), et perso je trouve que ça mérite un petit coup de projecteur.

AstroClick, le système solaire en cubes

Quand vous débarquez sur le site, vous avez le Soleil au centre avec toutes les planètes qui gravitent autour en temps réel. Vous pouvez donc zoomer, dézoomer, tourner autour... et même accélérer le temps pour voir les orbites défiler plus vite. Le rendu est en voxel (oui, des petits cubes), ce qui donne un côté Minecraft spatial pas dégueu du tout.

Et c'est pas juste joli puisque chaque planète est cliquable et vous donne des infos astronomiques réelles. On retrouve aussi l'ISS, Hubble et même le télescope James Webb dans le lot. Vous pouvez même basculer entre une vue simplifiée (pour que ce soit lisible) et une vue à l'échelle réelle des distances... et là vous comprendrez VRAIMENT à quel point l'espace c'est grand. Genre, IMMENSE 😱.

La navigation dans AstroClick, plutôt fluide

Côté technique, c'est du React Three Fiber avec Next.js 14, le tout sous licence MIT sur GitHub ( github.com/sartilas/AstroClick si vous voulez fouiller le code). Les textures viennent de la NASA, y'a même de l'audio ambiant pour l'immersion. Hop, vous activez le son et vous vous la jouez Thomas Pesquet depuis votre canapé. L'appli est traduite en 6 langues (français, anglais, espagnol, russe, chinois et hindi) donc tout le monde peut en profiter.

Si vous avez des gamins curieux ou si vous êtes vous-même un peu geek de l'espace, c'est un super outil pédagogique, je trouve. Attention par contre, sur mobile c'est pas ouf... le WebGL rame un peu sur les petits écrans (sauf si vous avez un flagship récent), mais sur un PC ça envoie par contre. Pas d'abonnement, pas de tracking, juste de la science accessible en un clic. Si vous avez envie de explorer le système solaire dans votre navigateur , c'est le genre de projet qu'on ne voit pas assez.

Bref, merci Charlie pour le taf. Allez voir AstroClick et amusez-vous bien !

La NASA a réparé une caméra à 600 millions de km en la chauffant à fond

Par : Korben
22 juillet 2025 à 16:34

Vous savez comment la NASA a réparé une caméra qui orbite autour de Jupiter ? Et bien en la mettant dans un four. Non, je déconne pas.

La sonde Juno tourne autour de Jupiter depuis 2016, et elle embarque une caméra appelée JunoCam qui nous envoie des images absolument dingues de la plus grosse planète du système solaire. Sauf que voilà, après 46 orbites nickel chrome, la caméra a commencé à faire des siennes lors de la 47ème orbite. Les images étaient pourries, pleines de bruit et de lignes bizarres.

Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory ont alors vite compris le problème : les radiations de Jupiter, qui sont absolument monstrueuses, avaient bousillé le régulateur de tension de la caméra. Pour vous donner une idée, Jupiter émet tellement de radiations que la NASA avait prévu que JunoCam ne survive que 8 orbites, soit environ 400 jours. Mais la petite caméra qui le pouvait a tenu courageusement 5 fois plus longtemps que prévu !

Bon, le souci c’est qu’envoyer un nouveau régulateur via Amazon Prime à 600 millions de kilomètres, c’est pas vraiment une option. Alors les mecs de la NASA ont sorti une idée complètement folle de leur chapeau : Et si on faisait chauffer la caméra pour réparer les dégâts ?

Cette technique s’appelle le “recuit” (annealing en anglais), et c’est un procédé utilisé en métallurgie où on chauffe un matériau puis on le laisse refroidir lentement. Ça permet parfois de corriger des défauts dans la structure du matériau au niveau microscopique. Mais personne ne savait si ça marcherait sur du silicium irradié dans l’espace.

Jacob Schaffner, l’ingénieur de Malin Space Science Systems qui s’occupe de JunoCam, explique : “On savait que le recuit peut parfois modifier un matériau comme le silicium au niveau microscopique, mais on ne savait pas si ça réparerait les dégâts. On a commandé au chauffage de JunoCam de monter la température à 25°C, soit bien plus chaud que d’habitude pour la caméra, et on a attendu en retenant notre souffle.

Et bam ! Miracle, ça a marché. La caméra s’est remise à produire des images nickel. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, après quelques orbites supplémentaires, les images ont recommencé à merder vers l’orbite 55.

Là, c’était la panique à bord. La sonde devait passer super près de Io, une des lunes de Jupiter, et il fallait absolument que la caméra fonctionne pour capturer ce moment historique. Cette fois, ils ont carrément mis le chauffage au max. Et re-miracle, ça a encore fonctionné ! Juste à temps pour capturer des images époustouflantes de Io et ses volcans en éruption.

Le plus fou dans cette histoire, c’est que cette technique de réparation par chauffage a tellement bien marché que l’équipe de Juno l’a testée sur d’autres instruments et systèmes de la sonde. Scott Bolton, le responsable scientifique de la mission, est super enthousiaste : “Juno nous apprend comment créer et maintenir des vaisseaux spatiaux résistants aux radiations, et ces leçons vont bénéficier aux satellites en orbite autour de la Terre. Je pense que ce qu’on a appris avec Juno sera applicable aux satellites militaires et commerciaux, ainsi qu’à d’autres missions de la NASA.

Malheureusement, lors de la 74ème orbite, le bruit est revenu dans les images et la NASA n’a pas dit s’ils allaient retenter le coup du four spatial une troisième fois. Peut-être qu’ils attendent le bon moment pour ressortir leur botte secrète.

Tout cela prouve que même avec toute leur technologie de pointe, les ingénieurs de la NASA doivent parfois improviser des solutions à la MacGyver comme à l’époque où on mettait nos cartes graphiques dans le four pour les réparer, sauf que là c’est une caméra qui se trouve à 600 millions de bornes et qui file à 200 000 km/h autour d’une planète géante radioactive.

Bref, cette technique de réparation par recuit pourrait se rajouter aux procédures de maintenance des satellites et des sondes spatiales, qui sait ? Comme ça, au lieu de considérer qu’un instrument endommagé par les radiations est foutu, on pourra peut-être le ressusciter avec un bon coup de chaud et ainsi économiser des millions tout en prolongeant la durée de vie de certaines missions spatiales.

Par contre, n’essayez pas la même chose en mettant votre smartphone ou votre laptop au four, ils risquent de ne pas aimer ^^.

Source

NASA - Voyager 1 ressuscite ses propulseurs morts depuis 20 ans

Par : Korben
16 mai 2025 à 13:00

47 ans !

C’est l’âge de Voyager 1, le plus lointain objet fabriqué par l’Homme, qui continue de fonctionner dans l’espace interstellaire des milliards de kilomètres de la Terre. Ce truc est plus vieux que moi ! C’est dire !

Mais quand les propulseurs de secours qui maintiennent sa précieuse antenne pointée vers nous ont commencé à montrer des signes de défaillance, les ingénieurs de la NASA ont tenté l’impensable : ressusciter des propulseurs déclarés morts depuis 20 ans. C’était un pari très risqué mais nécessaire s’ils voulaient que cette mission initiée en 1977 perdure.

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