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ANES - Il greffe une seconde puce graphique dans sa NES

Decrazyo vient de sortir ANES , un mod hardware qui transforme votre vieille NES en lui collant un deuxième PPU, la puce graphique de la console.

Résultat, plus de couleurs à l'écran, plus de sprites, et même du parallax scrolling, ces décors qui défilent sur plusieurs plans comme sur les bornes d'arcade. Que des trucs que la petite Nintendo de 1985 n'a jamais su faire, la miskine.

Le hic, c'est qu'il vous faut deux NES pour ça. Une qu'on garde, et une qu'on démonte pour lui piquer son PPU (le fameux RP2C02) pour ensuite le greffer sur la première via une carte maison bardée de logique. Ensuite (et attention, ça devient technique), un démultiplexeur 74LS139 aiguille le processeur vers l'un ou l'autre PPU selon l'adresse mémoire, un latch 74LS373 verrouille les signaux, et 8 Ko de RAM statique dédiée alimentent le second PPU.

En gros, le CPU jongle entre deux cartes graphiques au lieu d'une. C'est tout ce que vous devez savoir.

Pour comprendre pourquoi c'est énorme comme news, faut bien se rappeler les limites de la bestiole. La NES affiche 25 couleurs à l'écran maximum, piochées dans une palette de 64. Et elle ne dessine que 8 sprites par ligne horizontale, d'où le clignotement légendaire des persos quand ça se bouscule (les vétérans de Mega Man voient de quoi je parle). Alors qu'avec deux PPU qui bossent en parallèle, vous doublez le budget graphique d'un coup.

Decrazyo est le premier à reconnaître que personne ne va se lancer là-dedans parce que c'est bien relou à faire. Faut déjà sacrifier deux consoles, sortir le fer à souder, dessouder des puces et se taper du wire-wrap sur une carte prototype. On est dans de la bidouille de l'extrême, celle qu'on fait pour la beauté du geste .

Sauf que, bonne nouvelle les amis, vous allez pouvoir goûter au résultat sans flinguer la moindre console puisque decrazyo a forké l'émulateur Mesen2 pour simuler le double PPU. C'est dispo en build "Dual PPU Mesen 2.1.1" sur Windows, Linux et macOS, Intel comme Apple Silicon. Vous chargez la démo, et vous voyez de vos yeux ce que donnerait une NES dopée.

Ça me rappelle vraiment pourquoi j'adore toujours la scène homebrew NES , 40 ans après. Ces gens sans amis, ni famille (je plaisante, humour, humour, pas taper !) qui continuent de tordre ce hardware dans tous les sens juste pour voir jusqu'où il peut aller, c'est fou ! Les schémas KiCad et le code sont sur le GitHub de Decrazyo , sous licence GPL, si vous voulez fouiller.

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Le Casio VL-1 de 1981 modernisée pour quelques euros

En 1981, Casio sortait le VL-1, un drôle d'objet vendu autour de 70 dollars, à mi-chemin entre la calculatrice de poche et le synthétiseur monophonique, avec un séquenceur de cent notes planqué dedans et un afficheur à huit caractères. Un jouet, en apparence. Sauf qu'il s'en est vendu près d'un million entre 1979 et 1984, ce qui pour un machin pareil reste assez dingue.

Vous l'avez déjà entendu, c'est sûr. C'est lui qui balance la rythmique du tube "Da Da Da" du groupe allemand Trio, en 1982, sur le preset Rock-1 et une voix piano d'un kitsch parfaitement assumé. De quoi lui offrir un statut culte malgré sa réputation de gadget pour enfants.

Le bidouilleur Max Vega, lui, a regardé cette vieille coque beige et a eu envie de lui greffer un cerveau de 2026. Il a viré toute l'électronique d'origine et glissé à la place un ESP32-C3, un microcontrôleur, autrement dit une petite puce programmable à quelques euros qu'on retrouve aujourd'hui dans la moitié des objets connectés.

Et ça change tout. Le VL-1 devient un ROMpler, un mot un peu barbare qui désigne juste un instrument capable de rejouer des sons enregistrés au lieu de les fabriquer péniblement de toutes pièces comme avant. Là où la synthèse d'origine, monophonique et riquiqui, ne sortait qu'une note à la fois, l'ESP32 va piocher ses échantillons sur une simple carte microSD et offre du coup une réserve de stockage quasi infinie pour empiler autant de banques de sons qu'on veut.

Le plus malin, c'est qu'il n'a touché à rien côté look. Le haut-parleur d'origine est resté, les boutons du clavier aussi, sauf qu'ils pilotent maintenant une interface affichée sur un petit écran OLED pour choisir l'instrument du moment. De l'extérieur, on a toujours le même jouet de 1981.

Comme la puce a de la marge sous le capot, Max Vega en a profité pour ajouter des modes qui plaquent des accords complets d'un seul doigt. L'original, lui, ramait déjà avec une seule note.

Au bout du compte, on récupère un petit instrument qui se glisse dans un sac à dos, qu'on dégaine n'importe où, mais avec enfin une palette sonore digne de ce nom à la place des bips d'origine. Le charme lo-fi du VL-1 est resté culte pendant quarante ans, sauf que voilà, à l'usage il était quand même pas mal limité.

Bref, trop bien, un vieux truc culte qu'on ne jette pas, qu'on réveille avec trois euros d'électronique.

Source : Hackaday

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